Est-on obligé d'aimer sa mère ?
Quand on a grandi sous les humiliations, les silences et les coups, a-t-on le droit de lui en vouloir ? Et peut-on, un jour, accéder au pardon ?
Édith vient de se jeter du huitième étage. Dix jours plus tôt, son mari mourait d'un cancer. François, son fils aîné, revient au crématorium pour la seconde fois en deux semaines. Même lieu, même cérémonial, même silence. Mais toujours aucune larme. Pas une seule. Un fils devrait pleurer sa mère, n'est-ce pas ?
Sauf que François n'y arrive pas. Pas après une enfance à Kinshasa où il n'a été qu'un poids : un fils métis, de père inconnu, dans une famille recomposée qui ne voulait pas de lui. Dix-sept ans de secret auprès de la famille de son beau-père. Une mère qui frappait, humiliait, se taisait. Puis l'arrachement, l'exil dans un pensionnat bordelais, loin de la seule chaleur qui rendait la douleur supportable : celle de l'Afrique.
Aujourd'hui, tandis qu'il apprend à aimer de nouveau auprès d'Aisling, une avocate irlandaise, toute la colère enfouie remonte. François veut comprendre. Comprendre Édith, cette fille-mère française débarquée seule et enceinte dans un Congo encore secoué par les fantômes de la colonisation qu'incarnent Romolo Galli et ses amis. Vieux survivants de l'empire, ils ravivent, dans leurs soirées embrumées de gin, la brutalité d'une époque révolue. Comprendre, surtout, s'il n'a pas, à son tour, transmis à ses propres enfants le mal reçu d'Édith.
Et puis il y a le petit cahier rouge. Celui qu'Édith a laissé à son intention. À trouver après sa mort. Comme un dernier murmure... ou un dernier piège.
La Culpabilité d'Être Né est un roman de résilience et de filiation qui explore les territoires ambigus de la mémoire et des origines. Il s'inscrit dans la lignée de Vipère au poing par la dureté maternelle, dans la veine de Petit Pays pour le déracinement africain. Un chemin rude et sinueux.